Un tissage prémédité: Arlon – A premeditated weaving: Arlon

Je fais toujours une pause dans mes teintures pendant l’hiver, c’est devenu une tradition à laquelle je ne renonce pas car elle me permet de faire des choses que je n’ai jamais le temps de faire, les teintures étant toujours très chronophages…
Tous les hivers, je profite du temps libre pour revenir au tissage aux tablettes, activité qui m’a menée au métier que j’exerce aujourd’hui.

Pour cet hiver, j’avais prémédité mon projet dès l’été dernier! Il s’agit de motifs qui me font de l’œil depuis bien longtemps, ceux du manipule et de l’étole de l’église Saint Donat d’Arlon, en Belgique, datant sans doute du 11-12ème siècle. Je m’étais déjà bien amusée avec les motifs inspirés de ces pièces mais en version réduite et publiés dans un livre de Claudia Wollny. Voilà ce que donnait le résultat fini (avec 47 tablettes en tout et réalisé en laine 20/2).

I always take a dyeing break during winter, it’s become a tradition that I keep up because it allows me to do things I never have the time to do, dyeing being very time-consuming… Every winter, I take advantage of my spare time to go back to tablet-weaving, which is actually the craft that lead me to my current occupation as a dyer.

For this winter, I planned my project in advance last summer! It was a weaving that I have been eyeing for a long time, the maniple and stole from Saint Donat Church in Arlon, Belgium, dating back to the 11-12th century. I already had lots of fun weaving some of the patterns with fewer tablets inspired by these and published by Claudia Wollny. Here’s what the the final result of the small version in 20/2 wool and with 47 tablets looked like.

Les pièces d’origine comportent 107 tablettes et ont été tissées en lin, il me fallait donc du lin très fin qui résiste bien en tissage aux tablettes. J’ai utilisé du lin prévu pour la dentelle au fuseau, de l’excellente marque suédoise Bockens (les meilleurs fils de lin sur le marché si vous voulez mon avis…). Le galon est de couleur blanche, bleue et rouge. Si la teinture bleu indigo sur du lin ne pose aucun souci particulier, les quelques essais que j’avais déjà fait pour obtenir un beau rouge garance sur lin étaient peu concluants. L’été dernier, j’ai donc réalisé une série d’expérimentations pour parvenir à un rouge digne de ce nom…

The original pieces have been woven with 107 tablets in linen, so I needed very thin linen suitable for tablet weaving. I used some intended for bobbin-lace making, from the excellent Swedish brand Bockens (the best linen threads on the market in my opinion…). The bands were woven in white, blue and red. Blue is not a problem on linen, but the few tests I had made for madder reds were not satisfactory. Last summer, I did some more serious experiments to get the red that I wanted on these linen threads…

Teinture de fibres végétales à la garance – Dyeing plant fibres with madder

Les fibres végétales ne se teintent absolument pas comme les fibres animales, pour de simples raisons de chimie. Les fibres animales sont principalement protéiques, alors que les fibres végétales sont des fibres cellulosiques. Le mordançage, c’est à dire la préparation des fibres pour mieux absorber les molécules tinctoriales ne va pas du tout être de même nature pour les fibres animales et végétales. Quand on mordance de la laine avec de l’alun, les sels d’aluminium en solution vont se fixer chimiquement à la fibre par un jeu de charge ionique, ce qui n’est pas le cas pour les fibres végétales.
L’un des procédés de mordançage de fibres végétales qui est sans doute le plus ancien consiste à utiliser des tannins, car ceux-ci se fixent sans problème à la cellulose, mais « attirent » et fixent également les ions aluminium. En combinant ce qu’on appelle un « engallage » aux tanins de noix de galles et un mordançage à l’alun, on réalise finalement une sorte de tartine: la fibre cellulosique étant la tranche de pain, vous étalez d’abord votre beurre (le tannin) puis du fromage (l’alun) que vous saupoudrez d’appétissantes graines (la teinture). Si vous oubliez le beurre, les graines ne vont pas tenir sur le pain et si vous ne mettez que du fromage, celui-ci risque de glisser du pain…

Plant fibers do not fix natural dyes at all like animal fibers, for simple chemical reasons. Animal fibers are mainly protein fibers, whereas vegetable fibers are cellulose fibers. The mordanting, i.e. the preparation of the fibers to better absorb the dye molecules, is not at all the same for animal and plant fibers. When wool is mordanted with alum, the aluminium salts in solution will chemically bind to the fiber by an ionic charge, which is not the case for plant fibers.
One of the oldest processes for mordanting plant fibers is probably the use of tannins, as these bind easily to the cellulose, but also « attract » and bind aluminium ions. By combining a treatment with gallnut tannins and an alum mordant, you make a kind of sandwich: the cellulose fiber being the slice of bread, you first spread your butter (the tannin) and then some cheese (the alum) which you sprinkle with yummy seeds (the dye). If you forget the butter, the seeds won’t stick to the bread and if you only put cheese, it might slip off the bread…

J’ai donc utilisé une recette que l’on retrouve à peu près à l’identique dans pas mal de livres et de ressources, avec 30% de galles de chêne (celles du chêne à galles) puis 20% d’alun et 5% de crème de tartre. Bizarrement, beaucoup de recettes de ce type préconisent de faire un bain de mordant puis un bain de tannins suivi d’un autre bain de mordant. A quoi servirait le premier bain de mordant si l’alun seul ne se fixe pas ou très mal à la cellulose? Bref… je vais devoir creuser le sujet avec d’autres expériences!

I therefore used a recipe that can be found in many books and resources with 30% oak galls then 20% of alum and 5% of cream of tartar. A lot recipe recommend to mordant with alum then with galls then again with alum. Why bother with the first alum bath if cellulose is not or not well mordanted with alum only? I shall investigate that with further experiments!

Pour comparer, j’ai utilisé une deuxième recette de mordançage pour fibres végétales: l’acétate d’alumine selon la recette de Michel Garcia (il y en d’autres). On mordance avec 15% d’alun et 15% de cristaux de soude en combinaison avec du vinaigre blanc. Après cette étape, les fibres sont séchées et avant de teindre, on stabilise avec 250% de craie (blanc de Meudon). J’avoue que je n’ai pas trouvé les explications chimiques très précises pour cette méthode.

As a comparison, I used a second recipe for mordanting plant fibers: aluminium acetate according to Michel Garcia’s recipe (there are many others). This is done with 15% alum and 15% soda crystals in combination with white vinegar. After this stage, the fibers are dried and before dyeing, they are stabilized with 250% chalk. I must admit that I did not find the precise chemical explanations for this method.

Voici les résultats de la teinture avec 100% de garance sur échantillons de lin et de chanvre (non blanchis ou blanchis): à gauche l’acétate d’alumine et à droite l’engallage/alunage. Bon, le choix était vite fait à ce stade…

Here are the results of the dye with 100% madder roots on linen and hemp samples (some unbleached, some bleached):left is the aluminium acetate and right the gall/alum method. Well, the choice was clear for me at that stage…

Le rouge obtenu sur mon lin très fin ne me satisfaisait pas encore, car mon but était d’aller vers un rouge garance plus typique de cette teinture, qui tirerait un peu plus sur l’orangé. J’ai renouvelé l’opération de mordançage galles/alun puis re-teinté les échevettes en jouant aussi un peu avec le pH… Finalement, j’ai enfin réussi à obtenir un beau rouge profond, moins orangé que sur les tissages d’Arlon, mais vraiment très beau!

I was not yet happy with the red obtained on my very fine linen, because my goal was to go towards a more typical madder red, which would be a little more orange. I repeated the galls/alum mordanting operation and then re-dyed the skeins, also playing a little with the pH… Finally, I managed to get a nice deep red, less orange than on the Arlon weavings, but still very beautiful!

Début du tissage – Starting to weave

Ce fut très difficile d’attendre l’hiver pour monter ma chaîne en lin, j’ai du cacher mes bobines pour ne pas être tentée de commencer, mais mon automne a été vraiment chargé et ça n’aurait pas été raisonnable de commencer un tel projet sans avoir assez de temps et d’espace à y consacrer… mais attendre quelque chose de chouette rend les choses encore plus plaisantes!

It was really hard to wait till winter before warping my project, I had to hide my linen bobbins to avoid any temptation, but my Fall was really busy and it wouldn’t have been reasonable to start such a project without enough time and space to dedicate to it… But waiting for something nice makes it even nicer!

Le projet initial était de réécrire les motifs publiés par Claudia Wollny dans son livre « Die fabelhafte Welt der brettchengewebten Stola und Manipel zu Saint Donat, Arlon » pour les rapprocher davantage des originaux. Le sergé présenté dans l’ouvrage est en effet un peu simplifié par rapport à celui des pièces, il faut toujours se rappeler que ces motifs étaient tissés sans diagramme et que le/la tisserand(e) préparait en quelques sorte les motifs à l’avance dans la structure. Ces détails sont très intéressants et se voient bien également sur une autre pièce en sergé de la période des migrations que j’avais tissée: Evebo
J’ai abandonné l’idée qui m’aurait pris de très nombreuses heures, peut-être que je ferai ça une prochaine fois! Je ne peux évidemment pas publier des photos des pièces originales qui sont dans le livre, mais si vous voulez avoir un aperçu des structures des galons d’Arlon, il y a quelques images dans cet article de Claudia Wollny.

The initial plan was to re-write the patterns published by Claudia Wollny in her book « The wonderful world of the tablet-woven stole and maniple of Saint Donat, Arlon » to get closer to the structure of the original. In the book, the broken twill structure is simplified, one has to always remember that they had no nice diagrams back in those periods and the weavers was probably using the twill structure to prepare the patterns. This is for example quite obvious in another broken twill band from the migration period that I wove quite a long time ago: Evebo
I abandonned this idea which would have taken me many hours, maybe I will do that next time! I can’t, of course, publish photos of the bands in the book, but there are some in this article by Claudia Wollny.

Les bandes du manipule et de l’étole ont été tissées avec 107 tablettes et représentent des motifs chrétiens et paîens, les couleurs reprenant sans doute des couleurs liturgiques symboliques: le rouge pour le principe fondamental de la vie et le bleu pour la transcendance. Le manipule et l’étole constituent des éléments importants du vêtement d’un écclésisatique célébrant la messe et on a attribué, sans en être totalement sûr, ces deux bandes à Bernard de Clairvaux.

The bands of the maniple and stola were woven with 107 tablets and are showing christian an pagan motives, the colors being symbolic: red for the fundamental principle of life and blue for transcendeance. The maniple and the stole are important elements of a priest’s vestment when celebrating Mass, and these two bands have been attributed to Bernard of Clairvaux, although it is not entirely clear.

Il y a eu quelques choix à faire au début de ce tissage dont celui de tisser sur un métier ou pas. J’ai finalement opté pour la solution de fixer ma chaine sur la grande table de mon atelier. Je savais que ce tissage prend du temps, et j’aime bien pouvoir poser mes coudes quand je tisse des choses qui prennent du temps. J’ai donc fait l’ourdissage sur mon métier à tisser puis coupé les fils par petits groupes fixés à des pesons… L’installation peut sembler très rudimentaire, mais elle fonctionne vraiment très bien!

There were some choices to make before starting one of which being to decide wether I should use a loom or not. I finally set up the warp on my long workshop table. I knew this would be slow-going and I like to be able to rest my elbows when I’m weaving slow stuff. So I warped on my big inkle loom and then cut the threads, regrouping them in packs in order to attach them to some weights… The setup looks pretty crude, but it’s working well!

J’avais peur de ne pas avoir assez de fil rouge après avoir ourdi mes tablettes en bleu et blanc, donc la partie rouge est lègèrement réduite par rapport à ce qu’on trouve sur les originaux.
Les originaux font entre 4 et 4.5cm de largeur. J’en suis à environ 6.8cm! Il faudra du fil de lin encore plus fin pour une version reconstituée…

I was afraid that I didn’t have enough red threads after warping the blue and white ones, so the red part of the weaving is smaller than on the original pieces.
The original are 4 to 4.5cm wide, my weaving is about 6.8cm! I would need even thinner linen thread for a reconstruction…

Je tisse à environ 2cm/heure, c’est lent mais j’adore le sergé. Comme j’utilise un diagramme, il y a une sorte de rythme méditatif qui s’installe.

I weave at about 2cm/hour, so it’s slow but I just love broken twill. As I weave with a pattern, there is a kind of nice meditative rythm that appears.

Sur les pièces d’Arlon, il y a des zones assez longues entre les grands motifs qui ne sont pas tissés en sergé mais dans une structure simple. J’ai tissé ces zones en mettant toutes les tablettes de motif dans la même position, les fils sombres vers moi: ensuite je fais comme si je tissais en double face, avec 2 quarts de tours vers la chaîne et 2 quarts de tours vers moi. J’ai réduit cette partie par rapport aux originaux, je suis trop impatience de commencer le motif suivant quand j’en ai fini un!

On the Arlon bands, there are sometimes long parts that are nor woven in broken-twill but with a much simpler structure. I am weaving these parts by turning the tablets so all dark threads are towards me: then I weave like in double face with 2 quarter turns towards the warp and 2 quarter turns towards me. I have reduced these parts beacause I’m always too impatient to wait until I start the next pattern!

J’ai commencé par les motifs du manipule, il y en a 12 en tout, l’original mesure 128cm de long. L’étole comporte 17 motifs et mesure 257cm de long (avec des zones unies assez longues entre les motifs).
Je vais déjà voir où m’amène ma chaîne actuelle, le but ici n’est pas la reconstitution, mais juste du grand plaisir! Ce fil de lin est extraordinaire, je pense que je vais en racheter et en re-teinter cette année…

I started with the maniple motives, there are 12 in total and the original band is 128cm long. The stole has 17 motives and measures 257cm (with quite long plain-colored parts between the figures).
I will see how far my warp takes me, the aim here being to have great fun but not doing an exact reconstruction! This linen thread is extraordinary, I think I will order and dye some more of it this year…

Lorsque je montre ce genre de tissages, il y a souvent des personnes pour dire « je n’arriverais jamais à faire ça »… Mais en artisanat, tout est question d’apprentissage et de travail et comme j’aime à le repèter, de « beaucoup d’heures et beaucoup d’erreurs ». J’ai commencé à apprendre le tissage aux tablettes en 2009 et c’était une époque de ma vie où j’étais sans emploi fixe, je donnais des cours de soutien à domicile, donc j’avais du temps! Si je devais faire le compte de mes heures d’apprentissage, ça se compterait en plusieurs centaines… J’ai assez rapidement voulu tisser des motifs plus complexes, parce que je suis un peu hyperactive et que j’aime les « défis ». J’ai beaucoup appris en tissant pour la première fois le galon en 4 couleurs de Snartemo puis en m’attaquant à des motifs en sergé en 2010.
On nous a tous déjà dit cette phrase assez énervante: « On n’a rien sans rien », mais elle est très vraie en artisanat, que ce soit du tissage, de la teinture ou tout autre artisanat. De nos jours, on a tendance tout vouloir tout de suite, c’est dans l’air du temps malheureusement et on voudrait réussir tout ce qu’on entreprend du premier coup. Mais les artisanats nous rappellent sans cesse que pour progresser, il faut mettre ses désirs de côté et juste travailler, encore et encore… Laisser l’égo de côté, exercice difficile mais nécessaire et ô combien sain!
Nous avons chacun notre meilleure façon d’apprendre, moi j’aime apprendre toute seule en faisant, défaisant et reessayant, d’autres sont plus à l’aise dans des formations ou de stages. Nous ne somme pas non plus tous égaux par rapport au temps que nous pouvons consacrer à l’apprentissage. L’important, c’est de se faire plaisir, d’apprendre à son propre rythme et avancer!

When I show this kind of bands, there are often people who says « Oh, I will never be able to weave that »… But in any craft, everything is about learning and work, as I often say « a lot of hours and a lot of errors ». I started tablet-weaving in 2009 and it was a time where I was unemployed, only working as a private teacher sometimes, so I had plenty of spare time! If I would have to count the hours of learning, I would count them in bunches of hundred… I quickly wanted to weave more complex patterns, because I’m hyperactive and I love « challenges ». I learned a lot while weaving the 4-colors Snartemo band, then getting into some broken-twill in 2010.
We have all bee told this annoying phrase « No pain, no gain », but it’s true when you are learning a craft, whether weaving, dyeing or any other craft. Nowadays, we always want eveything right now, it’s in tunes with the time unfortunately and we would love to be successful right away. But crafts are reminding us constantly that in order to make progress, we should put our desires aside and just work, again and again… To let go of the ego, a difficult but necessary and very healthy exercise!
We all have a different optimal learning process, I like to learn on my own by doing, undoing and trying again, but some people will be more comfortable in attending workshops. We also are not equal in the amount of time we can dedicate to learning. The important thing is to enjoy things, to learn at your own pace and keeping going forward!

Et avant que je n’oublie, voici ma carte de voeux de cette année, que je vous souhaite pleine de nouveaux apprentissages, de joies simples, de passion, de paix et autant que possible d’espoir.


Before I forget, here’s my New Year greeting card. I wish you new knowledge, simple pleasures, passion, peace and as much hope as possible.

Publicité
Cet article, publié dans Article technique, Expérimentations, L'Atelier de Micky, Teintures, Tissage aux tablettes, Tissages - Mes réalisations, Uncategorized, est tagué , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

8 commentaires pour Un tissage prémédité: Arlon – A premeditated weaving: Arlon

  1. Fil 'Artiss dit :

    merci de partager ta passion, un article et un travail magnifique. depuis mon stage je continue le tissage aux tablettes, je fais je défais je refais …
    je te souhaite une très belle année 2023

  2. Sylvie Lapie dit :

    Excellent post : la démarche, la philosophie…Bravo !
    Et vous me donnez du courage car je tisse sur métier traditionnel depuis 4 mois après un stage d’ une semaine …faire et refaire et encore etc…ne pas se décourager surtout ! Je me mets aussi au tissage aux cartons…je trouve tous les galons magnifiques ! Merci beaucoup. Cordialement

  3. Harma dit :

    I love that very professional looking set-up, with the weights. True Arlon style. The weaving is gorgious, like we always see with what you make.

    Nice that you also noticed the differences between the originals and Claudia’s interpretations. Credits for her though, that the book has such clear pictures that these details are this visible. At some spots I do prefer the original changes of twill direction.

  4. Pat dit :

    Merci pour vos vœux Micky! Joies simples,apprentissages,passion et Paix ,cela doit nous convenir ….
    Alors l’étole de l’église saint Donat à Arlon ,où peut-on la voir ?
    Votre tissage :une merveille !
    Comme disaient les sœurs Groult : «une vie ,ce n’est pas assez »
    Douce ,créative,foisonnante année 2023 !

  5. Je n’ai jamais trop accrochés aux motifs de St Donat, mais j’avoue que sur ton fil de lin indécent, là, avec cette texture du lin sur laquelle je n’ai pas l’habitude de voir du rouge garance… ben, je bave !! Et 107 tablettes ! Moi qui me sentais toute folle avec mes 100 tablettes en ceinture de bunad…
    Et en tant que Suédoise d’adoption, ca me fait chaud au coeur que le lin suédois, du Hälsingland qui plus est, recoive de tels éloges =) C’est une région très riche d’histoire textile, la culture et transformation du lin y a apporté beaucoup de richesses à travers les siècles !

  6. Anonyme dit :

    B‌onjour Micky j’ai beaucoup apprecié ton article =  tissage prémédité pourquoi dit-tu que  la tisserand(e) préparait en quelques sorte les motifs à l’avance dans la structure      de quelle façon ? tu veux dire qu’elle faisait des essais préalable ? J’ai utilisé aussi les pesons mais ils se chevauchent  donc j’ai fini avec des revues en papier glacé qui coulissent bien entre elles Apparement tu groupe celles qui ne tournent pas trop ds le meme sens      combien met-tu de gramme environ par tablette ? la regularité de ton tissage m’impressionne et j’aimerais sinon y parvenir du moins m’en approcher  Magnifique ! merci de nous faire partager ton talent … et celui de nos ancètres amitiés  anne-marie Hébert  

    • Merci Anne-Marie!
      Sur les tissages en sergé, on voit souvent des structures qui ne sont pas régulières: des zig-zag, des changements de sens des côtes etc. Et souvent on s’aperçoit que ces structures ne sont pas là par hasard mais qu’elles anticipent les lignes des motifs de l’autre couleur à venir (on voit ça assez bien sur le tissage d’Evebo que j’ai mis en lien). C’est de ça que je parle quand je dis que le tisserand préparait ses motifs, il devait les anticiper ( quand on travaille du sergé sans diagramme, ça se fait assez « naturellement », j’ai pu tester sur des petites pièces, mais j’en suis bien incapable sur de tels ouvrages!)
      Concernant le poids des pesons, je ne sais pas du tout, je n’ai pas pesé et ça dépend de la matière avec laquelle je tisse! J’ai mis de tout petits pesons légers sur les 2×4 tablettes des bordures bleues et j’ai groupé les autres tablettes de bordures que je peux démêler régulièrement. Ici j’ai fait des groupes de 12-15 tablettes et il doit y avoir 400-500g de pesons pour chaque groupe…
      Amitiés, Micky

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.