Chronique épidémique #5 – Epidemic chronicle #5

Il y a 20 ans jour pour jour, je me trouvais à l’extrême nord de l’Australie, ma « patrie » du bout du monde, dans le parc national de Kakadu. C’était l’ultime étape d’un périple de plus de 11000km, dont 3600 en bus puis le reste en voiture en compagnie de personnes rencontrées en chemin. Nous étions des hippies de la route, dans notre vieille Ford Falcon qui avait presque mon âge! En cette année d’anniversaire de ce voyage qui changea beaucoup de choses dans ma vie, cette année 2020 épidémique qui est en train de nous changer tous également, je me souviens de tellement de détails… Je me souviens des nuits passées le plus souvent dehors, sur une plage isolée, au milieu du Bush ou dans une forêt d’arbres gigantesques: dormir par terre, sous des cieux étoilés, se lever en même temps que le soleil. Contempler une pleine lune éclairant le Bush, les eucalyptus aux troncs blafards immobiles dans la fraîcheur de la nuit, comme des fantômes d’une terre chargée de mémoire. Marcher pieds nus sur le sol brûlant. Se laver quand on peut, retrouver sa propre odeur, animale. Veiller le soir au coin d’un feu de branchages et réinventer le monde avec l’enthousiasme des gens de 20 à 30 ans. Se sentir naturaliste du XIXème siècle en s’extasiant devant les plantes et les animaux qui n’existent nul part ailleurs. Fuir un cyclone et se retrouver à traverser des kilomètres de route inondée. Changer de paysage d’un jour à l’autre. S’enthousiasmer de tout. Avoir parfois envie de s’arrêter de voyager, lassitude du mouvement… De ce voyage, je garde tant de choses, j’étais comme une sphaigne sèche absorbant goulûment tout ce que je pouvais apprendre et voir, rencontrant des personnes extraordinaires avec les yeux d’un nouveau-né, avide d’apprendre! J’ai tout consigné dans un carnet qui est mon trésor, avec mon écriture en pattes de mouches pressée, inquiète de ne pas pouvoir tout saisir, tout retenir de ce maelstrom de sensations, de paysages, d’idées et de connaissances.

Today exactly 20 years ago, I was in the far North of Australia, my « home » far away, in the Kakadu national park. It was the last stop of an over 11000km long journey, 3600 of it by bus then the rest in the company of people I met on the road. We were road hippies, in our old Ford Falcon that was about my age! On the anniversary of this trip that deeply changed me, in this epidemic year 2020 that is changing all of us as well, I remember so many details… I remember the nights spent mostly outside, on an isolated beach, in the middle of the Bush or in a forest of gigantic trees: sleeping on the ground, under starry skies, getting up with the sun. Contemplating a full moon lighting up the Bush, pale-barked eucalyptus trees standing in the coolness of the night like ghosts of a land loaded with memory. Walking barefoot on the burning earth. Washing when you can, finding one’s own smell again, animal like. Staying up late around a fire and reinvent the world with the enthusiasm of youth. Feeling like a 19th century naturalist, in awe facing plants and animals that don’t exist anywhere else. Escaping from a cyclone and daring to cross a stretch of water-covered road. From one day to another, changing landscapes. Being excited by everything. Sometimes feeling weary of movement, wanting to stop travelling, tired… From this journey I keep so many things, I was like a dry sphagnum moss, absorbing greedily everything I could learn and see, meeting extraordinary people with the eyes of a newborn child, starving to learn! I wrote down everything in a journal which is my treasure, in my spidery fast handwriting, worried that I wouldn’t remember everything of this maelstrom of sensations, landscapes, ideas and knowledge.

A cette époque, je caressais le rêve de devenir biologiste marin (il faut toujours caresser ses rêves, des fois qu’ils se mettent à ronronner…) et ce depuis mon adolescence. Les récifs coralliens et l’Océan étaient les objets particuliers de ma passion et d’un amour inconditionnel. Quelques années plus tard, j’ai du renoncer à ma vocation de jeune fille. La vie en avait décidé ainsi et je me suis retrouvée là où je vis encore aujourd’hui. C’était supposé être transitoire, juste le temps de lécher mes plaies, de recoller les morceaux d’une vie qui semblait voler en éclats. Une vocation est comme un être très cher, la perdre est un deuil où l’on doit retrouver un sens à sa vie. Ma route devait prendre une nouvelle direction…

At this time, I was petting the dream of becoming a marine biologist (you always should pet your dreams, sometimes they start purring…) and it started when I was a teenager. Coral reefs and the Ocean were the objects of my special passion and unconditional love. Some years later, I had to forsake my vocation. Life had decided and I found myself in the place I still live today. It was supposed to be temporary, giving me time to lick my wounds, to stick back the pieces of my life back together. A vocation is like a loved one, losing it is a grief where you must find a new purpose to your life. My road had to take another direction…


Ce fut une sacrée bataille, lente et douloureuse. J’ai parfois détesté mon lieu de vie, je ne voulais que repartir, mais peu à peu, la reconstruction a fini par s’opérer et ce qui m’a sauvé, c’est finalement le fil conducteur de toute ma vie: la Nature! Je pensais que je ne pourrais pas continuer à vivre sans parcourir le monde dans des endroits extraordinaires et je me retrouve désormais à savoir m’émerveiller d’une graine qui germe ou d’une fleur de mon jardin. Ce n’est pas un pis-aller, loin de là, c’est une acceptation de la vie telle qu’elle est et l’issue du deuil d’une vie rêvée qui n’a pas été possible. La découverte de ma nouvelle passion de teinturière, moi qui n’étais pas du tout une artisane, a été la petite couronne de chantilly sur le gâteau de ma vie…

It was a hard battle, long and painful. I sometimes hated my home, I only wanted to leave again. But little by little, reconstruction took place and what saved me was the central thread of my life: Nature. I thought I couldn’t survive without travelling the world in extraordinary places and I now find myself in awe in front of a germinating seed or a wildflower. It is not a second-best option, on the contrary, it’s acceptance of life as it is and the final step of grieving a dream life that couldn’t be. The discovery of a new passion for natural dyeing, when I wasn’t a craftperson at all, was the whipped cream topping of my life cake…

Le deuil de l’Avenir qui n’est plus celui qu’on a imaginé est aussi un processus qu’on traverse quand on se rend compte des catastrophes climatiques et de l’effondrement de la biodiversité que notre planète et surtout ses habitants vont devoir affronter. Quand on s’intéresse à l’écologie, on ne peut qu’être épouvanté… Notre petit Coronavirus n’est sans doute qu’un petit avertissement de ce qui nous attend… Pablo Servigne (auteur notamment de « Comment tout peut s’effondrer » ou « Une autre fin du monde est possible »), ainsi que d’autres penseurs de l’effondrement, racontent justement le processus de deuil de l’avenir, en se basant sur les étapes du deuil décrites par Elisabeth Kübler-Ross ou encore Christophe Fauré, psychiatres. Il y a d’abord le déni, le choc et la sidération, puis vient la colère et la fuite, ensuite la dépression et la déstructuration, la révolte en faisant partie. Enfin, après un temps plus ou moins long, vient l’acceptation, la possibilité d’un retour à la vie… Il nous faut sans doute « faire le deuil de l’avenir pour écrire une nouvelle histoire » comme on dit dans les cercles collapsonautes, inventer des nouvelles histoires, un avenir différent…

Mourning the future that is not the one we had imagined is the same process one goes through when realizing that our planet (and we humans) will have to face major climatic catastrophes and the collapse of biodiversity. When you are interested in the environment, you can only be terrified… Our little coronavirus is probably just a  sneak-peak into what’s coming… People who are studying collapse theories often say that it is like the grieving process described by the psychiatrists Elisabeth Kübler-Ross or Christophe Fauré. First, there is denial, shock and sideration, then comes anger and evasion, after that there is depression and deconstruction, also rebellion. Finally, after a shorter or longer time comes acceptance, the possibility of going back to life… We have to « grieve for future to write a new story », like many people say in collapsology circles, invent new stories, a different future…

Je vous recommande, si vous vous intéressez à ces questions autour de l’effondrement, l’excellent mook (magazine/livre) Yggdrasil, qui paraîtra 4 fois par ans pendant 3 ans. Sur le site, vous pouvez vous abonner et commander les 4 premiers numéros déjà parus.

J’ai longtemps été très en colère, depuis toute petite, à la fois personnellement et à cause de tous ces outrages qu’on fait subir à « ma » bien-aimée Nature, la colère incendiaire de la jeunesse! Je le suis encore parfois,mais elle s’exprime désormais avec davantage de maturité, elle est devenue plus créatrice que destructrice, elle me conduit vers l’action plutôt que vers le désespoir… Toi qui me lis et qui est en colère ou déprimé face à la situation de notre planète,  sache que tu n’es pas seul! Et je voudrais seulement te dire que si quelqu’un d’aussi exalté et torturé que moi peut trouver une certaine paix, dans la simplicité et la Nature, alors c’est possible pour bon nombre de personnes… Depuis que ce satané virus est venu nous rappeler qu’un tout petit grain de sable peut enrayer toute notre belle machine productive et changer notre existence, de plus en plus de personnes s’intéressent aux questions d’effondrement… Comme c’est bizarre… Il y a encore quelques mois, on nous regardait comme des alarmistes étranges et pessimistes… Sachant que cela fait des décennies que les alertes sont données par les scientifiques! L’avenir est sombre mais  j’entends ces mots du poète Dylan Thomas qui me disent « N’entre pas paisiblement dans cette bonne nuit […] Rage, rage encore lorsque meurt la lumière » Une rage positive, une rage mûre, profonde et créatrice qui mène à l’action et l’action est salvatrice, elle apaise et réconcilie. Pour moi, c’est changer ma façon de vivre et de consommer, aller vers plus d’autonomie et de résilience, entrer en résistance contre l’obscurité qui détruit de la Terre. Le début d’un autre grand voyage qui commence…

I’ve been very angry for a long time, since childhood, personally and because of all these attacks « my » beloved Nature, it was the fiery anger of youth! I’m still angry sometimes, but it’s a different anger, more mature, more creative than destructive, leading me to action instead of depression… You, who’s reading this and being angry or depressed when you look at the state of our planet, please know that you are not alone! And I would like to say to you that if someone as passionate and tortured as I am can find a relative peace, in simplicity and Nature, then many people can do it… Since this damned virus came to remind us that a tiny sand grain in the gears can turn upside down the whole nice productive machine and change our existences, more and more people are interested in the questions around collapse… A few months ago only, we were frowned upon for being strange and pessimistic scaremongers. But it’s been over 20 years that scientists alert! Dark times lay ahead but I hear these words of the poet Dylan Thomas saying « Do not go gentle into that good night […] Rage, rage against the dying of the light ». A positive  rage, a mature rage, deep and creative that can lead to action and action is life-saving, it soothes and reconciliates. For me, it’s the change in lifestyle and building up more autonomy and resilience, becoming a resistant against the  darkness destroying the Earth . The start of another great journey just beginning…


Normalement en avril, avec le marché de Compiègne à préparer, je ne trouve pas beaucoup de temps pour m’occuper du jardin et pour semer, c’est l’une des périodes de l’année où je travaille beaucoup et les semis nécessitent tout de même une attention particulière. J’ai donc profité de ce répit offert par le confinement pour agrandir et développer mes espaces de culture, principalement pour l’alimentaire. Du côté des tinctoriales, je me concentre uniquement sur le pastel, l’alimentaire est tout de même plus important!
Usually in April, with the big spring history market to prepare, I never find enough time to take care of the garden and to sew, it’s one time of the year where I work a lot and seedlings need a lot of attention. I took advantage of this break offered by the lock-down to take care of my cultivation spaces, mainly for food. As far as dye plants are concerned, I focus on woad, because vegetables are more important!

Cela fait déjà quelques années que nous mettons en place le jardin, avec des succès et des échecs, de l’arrachage de cheveux aussi quand les campagnols ou les limaces sont trop nombreux, mais dans une optique proche de la Nature, basée sur l’observation, l’adaptation et l’utilisation optimale des ressources de notre jardin. Voilà que je vais encore employer un mot désignant un concept « à la mode », après la méditation, celui de permaculture. Décidément, je suis au top des tendances du moment, je n’ai sans doute jamais été aussi à la mode! C’est très amusant pour quelqu’un dont le mot d’ordre pendant des années a été « seuls les poissons morts nagent avec le courant »… Mais c’est une bonne chose! Comme la méditation, la notion de permaculture est très souvent mal comprise. Ce n’est pas parce qu’on récite des mantras qu’on médite et ce n’est pas parce qu’on jardine bio qu’on fait de la permaculture…
We have been setting up the garden for some years now, with successes and failures, some despair too when voles or snails are too many, but always by observing, adapting and using our garden’s resources the best we can. I will use another fashionable concept again, after meditation, the concept of permaculture. Well, it seems that I’m so trendy these days, I’ve never be so fashionable! Very amusing for someone whose motto for years has been « Only dead fish swim with the flow »… But that’s a good thing! Like meditation, permaculuture is often misunderstood. It’s not because you recite mantras that you are meditating, it’s not because you don’t use chemicals in your garden that you do permaculture…

La permaculture a été théorisée par les Australiens Bill Mollison et David Holmgren dans les années 70, dans un concept systémique et global, inspiré de la Nature et de la façon dont elle fonctionne. Il ne s’agit pas juste de cultiver de manière respectueuse, mais de créer des écosystèmes et des habitats plus autonomes, plus durables et surtout plus résilients. La permaculture c’est avant tout une vision du monde, dans tout ce que cela comporte, le rapport avec son environnement proche, son lieu de vie, le rapport à la Nature mais aussi avec les autres humains. Les trois piliers en sont: prendre soin de la Nature, prendre soin des hommes (de soi, de sa communauté et des générations futures) et créer l’abondance en redistribuant les surplus. On est loin du jardinage bio, n’est-ce pas? Mais il y a beaucoup de choses intéressantes à apprendre…
Permaculture was theorised in the 70’s by the Australians Bill Mollison and David Holmgren, it’s a systemic and global concept, inspired by Nature and the way it works. It’s not just about cultivating in a respectful manner, but about creating ecosystems and more durable and self-sufficient habitats that will be more resilient. Permaculture is a world vision, the way you interact with your environment, your home, your relation to Nature but also other human beings. The three pillars are: taking care of Nature, taking care of people (yourself, your community, future generations) and creating abundance and redistributing surplus. Far away from organic gardening, isn’t it? But there are many very interesting things to learn…

Je suis en chemin, mais encore loin de l’autonomie… Et je n’ai pas (encore?) vraiment de communauté proche avec laquelle coopérer. Cependant, il y un plaisir incomparable à façonner le lieu où l’on vit dans l’optique de la permaculture, chaque avancée et chaque nouveauté mise en place et qui fonctionne sont des victoires. Et le lieu de vie devient à son tour un voyage…
I’m on my way but far away from autonomy yet… And I haven’t (yet?) a close community with which to cooperate. But there is a great pleasure in shaping the place you live in the way of permaculture, each step forward and each new thing created and that works are victories. And the living place becomes a journey in itself…

J’aime semer des graines, depuis toujours… j’éprouve toujours la même émotion à voir ce petit miracle s’opérer et d’une graine minuscule jaillir les plantules… Il y en a partout cette année, je suis aux anges!
I love growing plants… I always feel the same emotion when I see that little miracle of germination happening… These days, I have plants growing everywhere, I’m happy! 

A coté de mon espace de teintures, j’avais installé un compost pour les matières tinctoriales issues de mes cuves, mais c’était un silo de récupération d’eau de pluie cassé qui était d’une extrême laideur dans mon paysage de travail… Vu qu’il était plein, je l’ai enlevé, récupéré le compost mûr au fond pour nourrir mes buttes à pastel et recyclé ce qui me servait d’étagère à seaux (qui était à la base un râtelier à foin en bois). Pourquoi faire du neuf quand le vieux tient encore? J’ai utilisé du bambou pour faire une sorte de grille retenant le compost. elle ne va pas durer très longtemps, mais nous taillons des bambous chaque année, alors la refaire n’est pas un souci, ça prend une demi-heure. Faire avec ce qu’on a fait partie des choses importantes!
Near my dyeing shed, I had a compost for dyeplant matter coming from my pots, but it was an ugly broken rainwater container that I had recycled and it polluted my work landscape… As the thing was full, I removed it and used the mature compost at the bottom for my woad plants. I recycled what I used as a pot tray (and which was a hay rack some years ago). Why make new when you can reuse old? I used bamboo to make a sort of grid retaining the compost, it won’t last years but we cut some bamboos each year, so it can be remade, takes about half an hour. Making things with what you have!

J’ai utilisé ce beau compost de plantes tinctoriales pour y repiquer mes jeunes plants de pastel, avant de soigneusement recouvrir la terre par un paillage, qui est très important, pour garder la fraîcheur et l’humidité du sol. Une terre à nu est une terre qui souffre, se dessèche et n’offre pas un habitat très agréable aux plantes… Vous voyez beaucoup de terre à nu dans la Nature sauvage?
I used this beautiful compost to transplant my young woad seedlings, before carefully covering the earth with grass, which is very important to keep the earth cool and damp. A soil without coverage is a suffering soil, that doesn’t offer a very nice habitat to plants… Do you see a lot naked soil in wild Nature?

Le Pastel de l’année dernière est désormais en fleurs, j’ai laissé davantage de pieds en place que d’habitude. C’est très beau à regarder et les insectes sont contents. Ils sont bien mieux servis chez moi que sur le champ de colza traité d’en face… Je les utilise aussi comme ombrage pour des jeunes plantations qui n’aiment pas le soleil trop violent.
Last year’s woad plants are flowering, I left more plants than usual. It’s very beautiful and insects are happy. They are better off at my place than on the over-sprayed rapeseed field further away… I also use them for shading some  young plants that don’t like too strong sunlight. 

 

Côté teintures, rien de bien nouveau, juste du travail de routine pas forcément passionnant comme des mordançages, quelques menus travaux de gestion de stock, de mises en écheveaux etc. Mais j’ai fait un gros nettoyage de printemps dans mon espace teintures pour repartir sur de bonnes bases!
As far as dyeing is concerned, nothing really new, just some routine works like mordanting, some small works like making skeins, checking stock etc. But I made a major clean-up in my dye workshop to start anew!

J’ai également fait un peu de shibori sur coton dans une cuve fer et chaux, qui est vraiment chouette pour les fibres végétales. Voir l’article dédié!
I also made some shibori on cotton in an indigo iron and lime vat, which is perfect for plant fibers. You can read the article here.

Et j’ai continué avec les écharpes en soie avant de m’attaquer à quelques tissus en commande… Je devais attendre d’être sûre de recevoir une commande de matière tinctoriale pour continuer à travailler! Ah, ce que j’aimerais être autonome en gaude et garance, mais il me faudrait me transformer en fermière avec beaucoup plus de terrain pour ça!
And I continued with the silk scarves before starting with custom fabrics… I had to wait to be sure to get enough dyestuff delivered to continue working! I wish I could be self-sufficient for weld and madder, but I would have to be a farmer with a lot of land for that to happen! 

 

Cet article a commencé avec un voyage et je vais le terminer par une recette qui fait un peu voyager… L’autre jour, alors qu’il faisait chaud, j’ai eu envie de brochettes de poulet avec du riz gluant, ça me rappelle mes voyages en Asie! J’essaie d’acheter et de cuisiner local au maximum, mais de temps à autre, c’est fête! D’habitude, je fais une sauce satay, à base de cacahuètes et de lait de coco, comme celle avec laquelle sont servies ces brochettes dans la rue en Malaisie ou en Thaïlande (je garde des souvenirs émus de ces repas servis dans des feuilles de bananier alors que je bourlinguais à Bornéo!). Comme je n’ai pas de cacahuètes sous la main, il me fallait une alternative et j’ai « inventé » une sauce aigre-douce qui se marie super bien avec le poulet mariné et le riz gluant, mais qui sera parfaite aussi pour des légumes avec du riz, gluant ou pas. Je ne mets pas de quantités car c’est du freestyle… Recette exclusive en plus, vous êtes gâtés ici, hein? 😉

  • D’abord, il faut réaliser une « gastrique », c’est à dire une réduction de vinaigre et de sucre. J’ai pris du balsamique et du sucre semoule roux. Laisser bouillir jusqu’à un certain degré de caramélisation.
  • Au lieu de déglacer au bouillon comme pour une gastrique classique, j’ai déglacé avec un mélange d’eau froide et de sauce soja, additionné de fécule avec un mélange d’épices japonaises que j’adore (« shichimi togarashi », mélange de sept épices dont je prends toujours quelques boites d’avance dès que j’ai l’occasion de passer dans une épicerie asiatique à Paris). Ma sauce soja préférée, celle qui a à mon sens le plus d’arômes et qui n’a pas besoin qu’on en mette beaucoup, c’est la Tamari bio de chez Lima.
  • Après, on remonte au bouillon en ajoutant de l’eau si ça épaissit trop et en fouettant. On retire du feu et on ajoute un oignon nouveau coupé fin et une gousse d’ail écrasée. On ajuste l’assaisonnement  avec du sel ou de la sauce soja et on ajoute un peu de jus de citron pour contre-balancer le sucre avec de l’acidité.
  • Et voilà!

This article started with a journey, let’s finish with a recipe that will make you travel… The other day it was really hot and I felt like eating chicken skewers with sticky rice, it reminds me of my travels in Asia! I try to buy locally and cook local food as much as I can, but sometimes, it’s party time! Usually, I make a satay sauce, with peanuts and coconut milk, like the one served with chicken and sticky rice in Malaysia or Thailand (I have fond memories of these street meals served in banana leaves while I traveled in Borneo). As I didn’t have peanuts, I needed an alternative and I « invented » a sweet-sour sauce that goes really well with marinated chicken and rice, but will also be perfect for vegetables and rice. I don’t put quantities down, it’s freestyle cooking… and it’s exclusive, aren’t you treated right here, hey? 🙂 

  • First, you must make a « gastrique », it’s basically vinegar and sugar that you reduce by boiling it to the point where it’s caramelizing. I used balsamic vinegar and brown sugar.
  • Instead of deglazing with stock like a regular gastrique, I deglazed with a mix of water and strong soy sauce, with starch and a Japanese spice mix that I adore (called « shichimi togarashi », mix of seven spices that I always stock up whenever I have the opportunity to go to an Asian store in Paris).
  • After that, you bring to the boil again while whisking and adding a bit of water if the sauce becomes too thick. remove from heat and add a finely chopped spring onion and a minced garlic clove. Adjust the seasoning with salt or soy sauce if necessary and add some lemon juice to balance the sweetness with acidity.
  • And voilà!

Merci de m’avoir lue! Prenez soin de vous, de votre environnement et de vos proches… Et de vos semis également, qu’ils soient plantes ou pensées car les pensées aussi, comme les semis, ont besoin de germer dans l’attention et le soin pour pouvoir s’élancer vers le ciel et grandir.
Thank you for reading me! Take care of yourself, your environment and your loved ones… And of your seedlings, too, whether those are plants or thoughts, because thoughts also need germination with attention and care in order to stretch towards the sky and grow.

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7 commentaires pour Chronique épidémique #5 – Epidemic chronicle #5

  1. Merci de partager vos belles aventures, et l’aventure de votre vie de teinturière ! Je passe de très bons moments à vous lire, et cela nourri mon envie de teindre mes fils et rubans avec de la teinture végétale !

  2. Marie dit :

    Un joli chemin que le vôtre, l’essentiel étant que chaque chemin pris nous épanouisse mais le faire dans la Nature est un plus…;) Belle continuation Micky

  3. Heubrecq dit :

    Magnifique article! Vous avez un réel don pour l’écriture « notamment! Merci pour cette leçon de vie!

  4. Hersende Deirdre dit :

    Merci beaucoup Micky pour cette chronique.
    J’ai reçu, avec avidité presque, la générosité et le positif qui en transparaissent. Je vous suis depuis des années, en lectrice muette, curieuse et heureuse de vos newsletters. Aujourd’hui, vous êtes tombée à pic, en parlant résilience (et permaculture aussi ! Ce livre sur le jardin punk m’avait fait de l’œil il y a un an de çà). Bref. Pour tout ce positif que vous apportez, je voulais vous remercier et ne plus seulement prendre mais un peu « redonner » aussi.
    Je me lance cette année à cultiver un potager. Tout est à penser. Le petit livre que j’ai pris en bibliothèque sur la permaculture ne m’a pas paru assez précis pour une débutante même si j’en comprends la démarche. Il faut que je persévère. Que j’apprivoise la terre de mon jardin, déjà 😉
    Très bonne continuation à vous. Et merci encore pour vos partages et tranches de vie que vous livrez avec bienveillance. Cela fait beaucoup de bien.
    Au plaisir,
    Hersende

    • Merci pour ce message Hersende! ça me fait très plaisir que mes mots puissent toucher!
      Je vous souhaite beaucoup de succès et de bonheur avec votre potager! Il y a des choses qui marchent, d’autres pas, mais d’une année sur l’autre on s’améliore et on progresse! Je crois que la clé est l’observation et l’attention. La météo souvent capricieuse en ce moment n’aide pas, mais on s’accroche! 🙂
      Amitiés et bonnes ondes,
      Micky

  5. MOUTTE Mireille dit :

    A L’automne, avec ténacité, bêcher son jardin,
    De compost nourrir la terre abondamment,
    Drainer, espérer quelques neiges,
    Attendre….

    Au Printemps, avec ardeur, biner, ratisser,
    Avec constance, ôter chiendent, herbes folles et cailloux,
    Préparer la terre à la semence,
    Attendre…

    Dans un coin bien abrité, ensoleillé,
    Semer quelques petites graines
    Recouvrir amoureusement de terre légère,
    Attendre……

    Surveiller, protéger en tout temps,
    Beaucoup de soleil, un peu de pluie,
    Le regard de Rodrigue pour Chimène
    Attendre encore un peu…..

    Et, un jour de grand soleil, Oh miracle,
    Ill suffit de se baisser pour cueillir
    A pleines brassées…… de l’oseille !!!!

    Saignon le 26 mars 2015 Mireille MOUTTE

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